Petites notes sur le travail au sein de l'atelier

et sur cette année, en particulier

 

Octobre 2011

Sans crier gare, les accueillir et commencer de travailler sur Kids, de Fabrice Melquiot, un théâtre de gosses entre 13 et 18 ans, à Sarajevo, juste après la guerre. Réalité crue. Mots en saccade. Découverte d'une écriture contemporaine. Abrupte.

Novembre 2011

Ils découvrent Kids, de Fabrice Melquiot, au Centre Dramatique Régional de Tours, par les Jeunes Comédiens de la région Centre..

Choc.

Échanges.

Qui ne cesseront plus.

Parce que pour être comédiens, il faut être spectateurs.

L'atelier théâtre devient lieu d'échanges, d'études, de critiques sur le spectacle vivant de notre cité.

 

Pour eux, mes comédiens, leur proposer des textes d'auteurs.

Ils me disent 

- « si on écrivait, nous ? »

Ne pas dire non. Ne pas dire oui. C'est délicat. En si peu de temps, à 10 adolescents, de se lancer dans un travail d'écriture.

 

Pour eux, apporter des morceaux de poèmes. Des images. Tremplins à idées. Improvisations sur le monde.

Ils me disent 

- « si on écrivait nous ? On veut écrire ! C'est cela que l'on veut ! »

Dire oui. Les engager à aller chercher eux mêmes. Leurs livres, leurs images, leurs idées.

Janvier 2012

Chacun apporte à sa manière

sa matière.

Travail d'écriture. Travail littéraire.

Accompli au creux d'une chambre, d'un lit, sur le coin d'une table de classe, sur un banc peut-être, peu importe, avec un ami, une cousine, tout seul, peu importe.

Puis le jour vient, pour chacun, où le texte est dit.

Il y a de l'épistolaire, du slamé, du lyrique, du crié, du poétique, et du Jean-Luc Lagarce aussi

Sans crier gare, ils avaient cherché, lu, écrit … des trucs immenses, des trucs qui les touchent, de près de loin, des choses d'importance

J'ai été troublée, souvent

J'ai été émue, souvent.

J'ai été bouleversée, souvent.

Eux aussi, forcément.

 

Plusieurs fois,

février, avril, juin même

plusieurs fois leur demander :

- « êtes-vous bien certains de vouloir faire de votre texte matière à spectacle ? »

 

Plusieurs fois j'ai pris soin de leur demander.

Chaque fois, ils m'ont répondu :

- « oui »

Chaque fois, ils m'ont répondu :

- « oui »

 

Il y a eu cette année des moments profondément bouleversants.

C'est comme ça, au théâtre. Tout est plus condensé, plus intense, plus … libre aussi, surtout et plus libérateur.

Ils ont grandi avec le théâtre.

Et avec moi, aussi, forcément.

Et moi, avec eux.

C'est sans doute pour ça qu'ils ont eu confiance, et que je leur ai fait confiance.

 

Je leur ai dit :

- « Osons, si vous le souhaitez si fort ! »

Ils m'ont demandé de les suivre. Je les ai suivis.

Sans en demander plus, sans corriger, je suis restée à ma place, au service de leurs textes.

Petit à petit les textes sont devenus textes de théâtre.

C'est aussi cela, grandir.

Faire jaillir hors de soi les maux et les lumières en mots et puis les laisser vivre leur vie, sur scène, les laisser prendre une nouvelle forme, sur un nouvel espace.

Au fil des mois, la distance était prise.

Le spectacle a commencé. De se mettre en place.

 

Écoutez-les dire

Écoutez-les

Regardez les corps. Leurs mouvements. Harmonie. Disharmonie.

Ils jouent. Ils travaillent. Ils grandissent. Ils jouent. Ils cherchent. Nous cherchons. Nous grandissons. Nous explorons.

La scène est leur tribune. Leur espace

L'atelier théâtre est devenu laboratoire artistique.

On y explore la voix, qui est le corps entier

On y explore le mouvement, qui est le corps entier

On y danse. De plus en plus

On y chante. De plus en plus

Écoutez-les

Entendez-les

Observez-les

chacun et ensemble

Soyez spectateurs

de leurs richesses, de leur art, de leur travail, de leur art en travail...

 

Céline

17 juin 2012

 

 P1090724

 Spectacle :

 -  créé en juin 2012, salle Rabelais à St Cyr sur Loire,

- re- joué le 21 novembre 2012, à L'Escale, dans le cadre de la Semaine pour les Droits de l'Enfant